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Aide à la mobilité et aide à la garde d'enfants France Travail : ce qu'un organisme de formation doit savoir

Un stagiaire qui doit parcourir 80 kilomètres pour rejoindre votre centre, ou une mère seule qui hésite à s’inscrire faute de solution de garde pour ses enfants : ces situations reviennent régulièrement dans les échanges avec des candidats à une formation financée par France Travail. Deux aides existent pourtant pour lever ces freins — l’aide à la mobilité (AMOB) et l’aide à la garde d’enfants (AGE) — mais elles restent mal connues, y compris de certains organismes de formation qui pourraient utilement orienter leurs stagiaires vers ces dispositifs.

L’aide à la mobilité (AMOB) : transport, hébergement et repas

L’aide à la mobilité prend en charge les frais de déplacement, d’hébergement et de repas engagés pour se rendre à une formation ou à un entretien de recrutement. Pour une formation, trois forfaits s’appliquent : 0,23 € par kilomètre parcouru en véhicule personnel (ou la prise en charge d’un titre de transport), 31,20 € par nuitée d’hébergement dans la limite des frais réels engagés, et 6,25 € par jour pour les repas. L’ensemble est plafonné à 5 200 € sur les douze derniers mois, tous types d’aides à la mobilité confondus.

Deux conditions cumulatives déclenchent l’éligibilité. D’une part, l’éloignement : le trajet aller-retour entre le domicile et le lieu de formation doit dépasser 60 kilomètres ou deux heures (20 kilomètres en dehors de la France métropolitaine). D’autre part, une condition de ressources : l’aide vise les demandeurs d’emploi non indemnisés ou dont l’allocation journalière reste inférieure au minimum de l’allocation de retour à l’emploi. Un stagiaire déjà indemnisé au taux plein de l’ARE n’y a donc pas droit — ce qui explique une partie des refus que reçoivent parfois les stagiaires sans que l’organisme comprenne pourquoi.

L’aide à la garde d’enfants (AGE) : un frein trop souvent sous-estimé

Depuis mai 2024, l’aide à la garde d’enfants s’adresse à tout demandeur d’emploi élevant seul un ou plusieurs enfants de moins de 12 ans, qu’il reprenne un emploi, entre en formation ou signe un contrat aidé. Pour une entrée en formation d’au moins 15 heures hebdomadaires, le montant s’élève à 416 € pour un enfant, majoré de 62,40 € par enfant supplémentaire à charge — soit jusqu’à environ 540,80 € pour trois enfants et plus. L’aide est accordée pour une durée maximale de douze mois à compter de l’entrée en formation, et ne peut pas être redemandée dans l’année qui suit un précédent versement. Comme pour l’AMOB, une condition de ressources s’applique : l’allocation journalière du demandeur ne doit pas dépasser un seuil fixé par France Travail.

Concrètement, la demande se fait depuis l’espace personnel du stagiaire sur francetravail.fr, dans les trois mois suivant l’entrée en formation, avec les justificatifs de garde à l’appui. L’organisme de formation n’a pas à instruire le dossier, mais il est souvent sollicité pour fournir l’attestation d’assiduité ou le calendrier prévisionnel de la formation, pièces qui accompagnent la demande.

Ce que cela change pour votre organisme

Ces deux aides ne relèvent pas directement de vos obligations Qualiopi, mais elles touchent à un point que le référentiel encadre bien : l’information du public. L’indicateur 1 exige de communiquer sur les modes de financement mobilisables pour accéder à la prestation, une exigence encore renforcée par le décret Qualiopi du 1er août 2026. Signaler l’existence de l’AMOB et de l’AGE aux candidats éloignés géographiquement ou parents isolés, dès l’entretien de positionnement ou dans le livret d’accueil, n’est pas qu’un geste commercial : c’est un facteur direct de maintien en formation, puisqu’un stagiaire qui découvre ces aides trop tard — ou pas du tout — risque l’abandon pour des raisons purement matérielles, sans lien avec la qualité pédagogique dispensée.

Sur le plan pratique, mieux vaut anticiper deux réflexes : mentionner ces dispositifs dans la convocation ou le mail de confirmation d’inscription, et rappeler que le stagiaire doit engager sa demande d’AMOB ou d’AGE avant, ou dès le début de la formation, plutôt qu’après plusieurs semaines d’absentéisme déjà constatées. Pour les stagiaires en situation de handicap, ces aides se combinent souvent avec d’autres dispositifs suivis par le référent handicap de l’organisme, qu’il est utile de mobiliser en parallèle plutôt que d’orienter le stagiaire vers des démarches isolées.

Ce que montre la recherche sur la parentalité et l’accès à la formation

Le frein lié à la garde d’enfants n’est pas seulement anecdotique : une étude de Misun Lim et Sascha dos Santos, publiée en 2025 dans l’European Sociological Review, a suivi sur plusieurs années des cohortes de ménages en Allemagne et au Royaume-Uni pour mesurer l’effet de la parentalité sur la participation aux formations liées à l’emploi. Les auteurs montrent que l’arrivée d’un enfant fait durablement chuter la participation des mères à ce type de formation, un effet nettement plus marqué que chez les pères, et qui persiste au-delà des premières années de la parentalité. Rapporté au contexte français, ce résultat éclaire pourquoi une aide comme l’AGE, ciblée sur les parents isolés d’enfants de moins de 12 ans, répond à un frein réel et documenté plutôt qu’à un cas marginal — et pourquoi la faire connaître activement à vos candidates fait partie d’une politique d’accès à la formation réellement inclusive.

Les autres aides à combiner selon le profil du stagiaire

L’AMOB et l’AGE ne s’excluent pas mutuellement : un parent isolé contraint à un long trajet peut cumuler les deux, sous réserve de remplir séparément chaque condition d’éligibilité. Elles peuvent aussi se combiner avec l’aide individuelle à la formation (AIF) lorsque le coût pédagogique lui-même n’est pas entièrement couvert par ailleurs, ou avec des compléments régionaux propres à certains conseils régionaux (hébergement en internat, restauration à tarif réduit) qui viennent parfois au-delà des forfaits nationaux. Avant d’orienter un stagiaire vers un dispositif précis, le réflexe le plus fiable reste de l’inviter à vérifier son éligibilité directement dans son espace personnel France Travail, les conditions de ressources évoluant régulièrement — votre rôle est d’informer de l’existence du dispositif, pas de vous substituer à l’instruction du dossier.

Passez à l’action

Bien connaître les aides annexes à la formation — mobilité, garde d’enfants, et plus largement les dispositifs présentés dans notre panorama des aides France Travail — fait partie des réflexes qui distinguent un organisme réellement centré sur ses stagiaires. Le Kit Certif Complet à 297 € vous donne les modèles de communication et de preuves attendues pour l’indicateur 1, y compris sur la transparence des financements mobilisables. Si vous démarrez votre activité, l’ebook « Créer son organisme de formation en 30 jours » à 67 € détaille l’ensemble des obligations d’information envers vos futurs stagiaires, et le Pack Kit + Ebook à 347 € réunit les deux pour construire un dossier qualité solide dès le premier audit.

FAQ

Questions fréquentes

+Un organisme de formation doit-il verser lui-même l'aide à la mobilité ou l'aide à la garde d'enfants ?

Non. Ces deux aides sont versées directement par France Travail au demandeur d'emploi, sur demande faite depuis son espace personnel francetravail.fr. L'organisme de formation n'intervient pas dans le versement, mais il doit souvent fournir les justificatifs de suivi (attestation d'entrée en formation, calendrier, attestations d'assiduité) sur lesquels s'appuie le dossier du stagiaire.

+Quel est le montant de l'aide à la mobilité France Travail en formation ?

L'aide à la mobilité (AMOB) couvre les frais de déplacement à hauteur de 0,23 € par kilomètre, l'hébergement dans la limite de 31,20 € par nuitée et les repas sur la base d'un forfait de 6,25 € par jour, dans un plafond global de 5 200 € sur douze mois. Elle suppose un trajet aller-retour de plus de 60 km ou de plus de deux heures entre le domicile et le lieu de formation.

+Qui peut bénéficier de l'aide à la garde d'enfants (AGE) pendant une formation ?

Tout demandeur d'emploi inscrit à France Travail qui élève seul un ou plusieurs enfants de moins de 12 ans et entre en formation d'au moins 15 heures par semaine, à condition de ne pas être indemnisé ou de percevoir une allocation journalière inférieure à un seuil fixé par France Travail. L'aide est accordée pour douze mois maximum et ne peut pas être redemandée avant un délai d'un an.

+Faut-il mentionner ces aides dans la communication commerciale de l'organisme de formation ?

Ce n'est pas une obligation nommément, mais c'est fortement recommandé. L'indicateur 1 du référentiel Qualiopi exige d'informer le public sur les modes de financement mobilisables pour la prestation, et le décret du 1er août 2026 renforce cette exigence de transparence. Mentionner l'existence de ces aides annexes dans la fiche formation ou lors de l'entretien de positionnement évite au stagiaire de découvrir trop tard un dispositif qui aurait pu sécuriser sa présence jusqu'au bout de la formation.

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