Certifications7 min de lecture

CléA numérique : définition, référentiel et étapes pour l'obtenir en 2026

Consulter un planning en ligne, remplir un formulaire sur tablette, répondre à un client par messagerie : le numérique s’est glissé dans presque tous les postes de travail. Pour les actifs que ces gestes mettent en difficulté, il existe une certification dédiée, paritaire et reconnue nationalement : le certificat CléA numérique. Voici ce qu’il recouvre exactement, et comment l’obtenir en 2026.

Qu’est-ce que le certificat CléA numérique ?

CléA numérique est la certification des compétences numériques fondamentales en situation professionnelle. Elle est délivrée par Certif’Pro, l’association nationale interprofessionnelle créée par les partenaires sociaux — la même instance paritaire qui porte le certificat CléA « socle ». Ce caractère paritaire est sa marque de fabrique : ce sont les représentants des employeurs et des salariés qui définissent le référentiel et délivrent le certificat, ce qui lui donne une légitimité directe dans le monde du travail.

Sur le plan réglementaire, le dispositif s’inscrit dans le prolongement de la loi « avenir professionnel » du 5 septembre 2018 : le référentiel des usages fondamentaux du numérique complète le socle de connaissances et de compétences professionnelles du Code du travail, précisé par un arrêté du 19 février 2019. La certification est enregistrée au Répertoire spécifique de France compétences sous le numéro RS5616, ce qui la rend éligible au CPF.

À ne pas confondre avec le certificat CléA : celui-ci couvre l’ensemble du socle (sept domaines, dont un volet numérique de base), tandis que CléA numérique approfondit spécifiquement le numérique. Les deux certificats sont indépendants — aucun n’est le prérequis de l’autre.

Un référentiel en 4 compétences, pensé pour le travail réel

Le référentiel ne vise pas la maîtrise d’un logiciel particulier, mais la capacité à agir dans un environnement de travail numérisé. Il s’organise en quatre compétences :

  1. Identifier son environnement et utiliser les outils associés — reconnaître les matériels et applications de son poste, se connecter, naviguer.
  2. Acquérir et exploiter de l’information — rechercher, trier et utiliser une information dans un environnement professionnel numérisé.
  3. Interagir en mode collaboratif — communiquer et travailler à plusieurs via messagerie, espaces partagés, applications métier.
  4. Appliquer les règles et bonnes pratiques de la sécurité numérique — protéger ses accès, ses données, et adopter les bons réflexes face aux risques courants.

Pour obtenir le certificat, les quatre compétences doivent être validées ; chacune l’est lorsque 75 % de ses sous-compétences sont acquises, certaines sous-compétences étant obligatoires.

Ce découpage rejoint les cadres de référence européens : la version 2.2 du cadre DigComp, publiée en 2022 par Vuorikari, Kluzer et Punie pour le Joint Research Centre de la Commission européenne, structure la compétence numérique des citoyens autour des mêmes piliers — information, communication et collaboration, sécurité.

Qui a intérêt à le préparer ?

Le certificat s’adresse aux salariés, demandeurs d’emploi et personnes en insertion qui veulent attester de leur maîtrise des usages numériques de base — ou l’acquérir. Le besoin est loin d’être marginal : l’INSEE estimait en 2019 que 38 % des usagers d’Internet manquaient d’au moins une compétence numérique de base, et que l’illectronisme touchait 17 % de la population.

La recherche montre par ailleurs que la difficulté ne se situe pas où on l’imagine. Une étude de van Deursen et van Dijk publiée en 2011 dans New Media & Society, fondée sur des tests en situation réelle, a établi que les compétences opératoires (manipuler un navigateur, cliquer, remplir un champ) sont largement répandues, mais que les compétences informationnelles et stratégiques — trouver la bonne information et s’en servir pour atteindre un objectif — font défaut à une part importante des utilisateurs, y compris réguliers (voir l’étude). C’est exactement ce que le référentiel CléA numérique évalue : des usages en situation, pas des manipulations isolées.

Les étapes du parcours en 2026

Le parcours suit une logique simple : évaluer d’abord, former uniquement sur ce qui manque, certifier ensuite.

1. L’évaluation préalable

Un organisme habilité évalue les acquis du candidat sur les quatre compétences, à partir de mises en situation professionnelles. Si tout est maîtrisé, le dossier peut partir directement au jury. Sinon, l’évaluation produit une cartographie précise des acquis et des manques.

2. Le parcours de formation ciblé

La formation ne porte que sur les compétences non validées. Un candidat proche de la validation suit un parcours court ; un candidat éloigné du numérique construit ses compétences progressivement. Personne ne refait ce qu’il sait déjà faire.

3. L’évaluation finale et le jury paritaire

Une évaluation finale porte sur les compétences travaillées en formation. Le dossier complet — évaluation préalable, parcours, évaluation finale — est ensuite soumis au jury paritaire, qui décide de la délivrance du certificat.

Où préparer CléA numérique ?

Seuls des organismes habilités par Certif’Pro (ou par les réseaux qu’elle a mandatés) peuvent conduire les évaluations, dans le respect du cahier des charges national du dispositif. Avant de vous engager, vérifiez donc l’habilitation de l’organisme pour l’évaluation CléA numérique — et, si le parcours est financé par des fonds publics ou mutualisés, sa certification Qualiopi, obligatoire pour le prestataire dans ce cas. Les organismes qui souhaitent eux-mêmes rejoindre le dispositif passent par les campagnes d’habilitation de Certif’Pro : nous détaillons la démarche dans notre article sur l’habilitation CléA numérique pour les organismes de formation.

Côté budget, il n’existe pas de tarif national unique : le coût dépend de l’organisme et du volume de formation nécessaire après l’évaluation préalable. Le financement, lui, est bien balisé — CPF en tête, puisque la certification figure au Répertoire spécifique, comme d’autres certifications professionnelles complémentaires (comment fonctionne l’enregistrement au Répertoire spécifique).

Passez à l’action

Le certificat CléA numérique est l’outil de référence, paritaire et éligible au CPF, pour certifier les compétences numériques de base en situation de travail. Pour connaître le dispositif en détail — référentiel, démarches, questions fréquentes — consultez notre fiche complète sur le certificat CléA numérique, et identifiez un organisme habilité pour passer l’évaluation préalable : c’est elle qui dimensionne tout votre parcours.

FAQ

Questions fréquentes

+Faut-il avoir le certificat CléA avant de préparer CléA numérique ?

Non. Les deux certificats sont indépendants : CléA couvre l'ensemble du socle de connaissances et de compétences professionnelles, CléA numérique approfondit spécifiquement les usages fondamentaux du numérique au travail. Chacun se prépare et se valide séparément.

+CléA numérique est-il éligible au CPF ?

Oui. La certification est enregistrée au Répertoire spécifique de France compétences sous le numéro RS5616, ce qui la rend éligible au compte personnel de formation. D'autres financements sont mobilisables selon les situations : plan de développement des compétences, OPCO, dispositifs pour demandeurs d'emploi.

+Qui délivre le certificat CléA numérique ?

Certif'Pro, l'association nationale paritaire créée par les partenaires sociaux. Les évaluations sont conduites par des organismes habilités, et la délivrance du certificat est décidée par un jury paritaire réunissant représentants des employeurs et des salariés.

À lire ensuite