Dissolution de la Grande École du Numérique : ce que ça change
C’est une page de la formation numérique inclusive qui s’est tournée : le groupement d’intérêt public (GIP) Grande École du Numérique, créé dans la foulée du lancement de l’initiative par l’État en 2015, a été dissous par un arrêté du 8 janvier 2025, publié au Journal officiel du 14 janvier 2025. Pour les organismes de formation qui portaient une formation labellisée GEN — et pour ceux qui croisent encore la mention dans des dossiers — voici ce qui s’est passé, ce qui reste valable et ce qu’il faut faire maintenant.
Les faits : une dissolution actée en quelques mois
La décision de mettre fin au GIP a été prise lors d’une réunion interministérielle fin novembre 2024. L’arrêté de dissolution est daté du 8 janvier 2025 ; la liquidation, engagée dans la foulée, a été close par un arrêté du 22 juillet 2025. En dix-huit mois, la Grande École du Numérique est donc passée du statut d’opérateur national actif à celui de dispositif éteint.
Le bilan communiqué à la clôture donne la mesure de ce que le réseau a représenté : environ 45 000 personnes formées aux métiers du numérique en dix ans, plus de 1 000 formations lancées, et un taux de sortie positive revendiqué d’au moins 70 % selon les années. Des chiffres portés par le GIP lui-même, mais cohérents avec la place que le label avait prise dans l’écosystème de la formation numérique pour publics éloignés de l’emploi.
Les missions n’ont pas toutes disparu avec la structure : selon la communication faite lors de la dissolution, les projets ont été confiés aux ministères de tutelle et à France Travail, avec des discussions sur la reprise d’outils comme le catalogue et le moteur de recherche des formations numériques. Le label, lui, n’a pas trouvé de repreneur : aucune instance ne l’attribue plus.
Ce qui reste valable — et ce qui ne l’est plus
La communication de l’époque a été claire sur le sort des formations en cours : les parcours débutés avant la dissolution ont conservé leur labellisation, et les apprenants engagés ont gardé le bénéfice de leurs aides jusqu’à la fin de leur formation. En revanche, plus aucune nouvelle labellisation n’est possible, et les labels — attribués pour trois ans à une formation dans un lieu donné — arrivent mécaniquement à échéance sans renouvellement possible.
| Situation | Conséquence |
|---|---|
| Formation labellisée, parcours débuté avant janvier 2025 | Labellisation conservée jusqu’au terme du parcours |
| Label attribué avant 2025, durée de 3 ans | Échéance naturelle, aucun renouvellement possible |
| Nouvelle candidature au label | Impossible : l’instance n’existe plus |
| Mention « labellisé GEN » au présent en 2026 | À proscrire : datez et parlez au passé |
Pour les organismes, le point pratique le plus important est celui de la communication. Mentionner un fait exact et daté — « formation labellisée Grande École du Numérique de 2022 à 2025 » — reste légitime. Afficher le label comme s’il était actif ne l’est plus, d’autant qu’aucune instance vivante ne permet à un financeur de vérifier la mention. Nous détaillons ce sujet dans notre article le label GEN est-il encore valable en 2026 ?.
Pourquoi la disparition du label ne change pas vos obligations
Il faut le rappeler, car la confusion circule : le label GEN n’a jamais été une certification qualité au sens du Code du travail. Il ne dispensait pas de Qualiopi — c’était même l’inverse : lors des dernières campagnes, être certifié Qualiopi était un prérequis pour candidater au label. La disparition du GIP ne modifie donc en rien l’obligation qualité des organismes : dès que vous mobilisez des fonds publics ou mutualisés (CPF, France Travail, Régions, OPCO), la certification sur la base du Référentiel national qualité reste exigée. Notre article Qualiopi, obligatoire ou pas ? fait le tour de la question.
Ce que la dissolution change réellement, c’est la perte d’un signal : le label disait d’un seul tenant « cette formation est sérieuse, inclusive et orientée vers l’emploi ». Ce signal doit désormais être reconstruit pièce par pièce — certification qualité de l’organisme, certification enregistrée pour les apprenants, preuves d’insertion mesurées.
Ce que la recherche dit de l’après
La fin d’un label ne signifie pas la fin de l’efficacité des formations qu’il distinguait. La méta-analyse de référence de David Card, Jochen Kluve et Andrea Weber, publiée en 2018 dans le Journal of the European Economic Association à partir de plus de 200 évaluations de politiques actives de l’emploi, montre que les programmes qui misent sur l’accumulation de capital humain — la formation, précisément — produisent des effets d’autant plus positifs qu’on les mesure deux à trois ans après la sortie, avec des impacts plus marqués pour les femmes et les chômeurs de longue durée (voir l’étude). Autrement dit : les formations longues et qualifiantes pour publics éloignés de l’emploi — le cœur de cible du label GEN — restent l’un des instruments les mieux documentés des politiques d’insertion. Le véhicule administratif a disparu ; la pertinence du modèle, non.
Que faire maintenant, concrètement
Si vous portiez une formation labellisée, trois chantiers :
- Mettez vos supports à jour. Passez les mentions du label au passé, datez-les, retirez les logos présentés comme actifs.
- Capitalisez sur les preuves. Bilans d’insertion, cohortes accueillies, partenariats territoriaux construits pendant les années GEN : ces éléments chiffrés valent plus qu’un logo dans une réponse à un appel d’offres.
- Reconstruisez le signal. Certification Qualiopi de l’organisme, certification enregistrée (RNCP ou répertoire spécifique) pour la formation, indicateurs de résultats publiés. Notre article sur les alternatives au label GEN détaille chaque levier.
Passez à l’action
Le dispositif GEN — son histoire, ses critères, son articulation avec Qualiopi — est résumé sur notre fiche label Grande École du Numérique, qui donne aussi accès à un ebook offert sur le sujet. Si le chantier qualité est devant vous, le Kit Certif Complet fournit les procédures et tableaux de preuves pour préparer chaque indicateur du référentiel national.
Questions fréquentes
+Quand la Grande École du Numérique a-t-elle été dissoute ?
Le GIP Grande École du Numérique a été dissous par un arrêté du 8 janvier 2025, publié au Journal officiel du 14 janvier 2025. La liquidation a ensuite été close par un arrêté du 22 juillet 2025. La décision avait été prise lors d'une réunion interministérielle fin novembre 2024.
+Peut-on encore obtenir le label GEN ?
Non. Les campagnes de labellisation ont pris fin avec la dissolution du GIP : il n'existe plus d'instance pour instruire les candidatures ni attribuer le label. Les formations débutées avant la dissolution ont conservé leur labellisation jusqu'au terme des parcours engagés.
+Qui a repris les missions de la Grande École du Numérique ?
Selon la communication faite au moment de la dissolution, les projets du GIP ont été confiés à ses ministères de tutelle et à France Travail, avec des discussions sur la reprise de certains outils comme le moteur de recherche des formations numériques. Le label lui-même n'a pas été repris par une nouvelle instance.