Référentiel MASE 2024 : les 5 axes du système de management SSE
Derrière le sigle MASE se trouve un texte : le Manuel d’Amélioration Sécurité Santé Environnement des Entreprises, dont la version en vigueur est celle de 2024. C’est lui que l’auditeur ouvrira le jour de votre certification, et lui que le comité de pilotage aura en tête au moment de voter. Voici ce qu’il contient réellement, axe par axe — et comment il est évalué.
Un référentiel commun, court et opérationnel
Le référentiel du système commun MASE/France Chimie n’est pas une norme au sens de l’ISO : c’est un manuel élaboré par les industriels du réseau — donneurs d’ordre et entreprises intervenantes — pour décrire un système de management sécurité santé environnement adapté aux entreprises qui interviennent sur sites industriels. La version 2024 succède à la version 2014 ; les deux sont publiées en français et en anglais, et le texte 2024 est librement téléchargeable sur le site du réseau.
Sa structure tient en cinq axes, chacun défini par un objectif :
| Axe | Intitulé | Objectif |
|---|---|---|
| 1 | Engagement de la direction de l’entreprise | Définir l’organisation du management SSE de l’entreprise |
| 2 | Compétences et qualifications professionnelles | Transmettre à tous les personnels le « savoir », le « savoir-faire » et le « savoir-être » nécessaires à la tenue de leur poste |
| 3 | Organisation du travail | Maîtriser les risques SSE lors de la réalisation de tâches, travaux ou prestations |
| 4 | Efficacité du système de management | Évaluer l’efficacité du système de management |
| 5 | Bilan et amélioration continue | Statuer sur le système de management SSE et l’améliorer en continu |
L’ensemble forme une boucle de progrès : la direction organise, les équipes montent en compétence, le travail est préparé et maîtrisé, le système est contrôlé, le bilan nourrit l’amélioration. Détaillons.
Axe 1 — L’engagement de la direction
Tout part de l’employeur. Le référentiel lui assigne, pour des raisons « morales, légales et économiques », l’obligation de préserver la sécurité, la santé physique et morale de ses personnels et l’environnement. Concrètement, l’axe 1 attend une politique SSE formalisée, des objectifs et des indicateurs, une organisation de pilotage, un plan d’actions, un dispositif documentaire et des moyens — le tout construit à partir de l’analyse des risques et des retours d’expérience.
Point décisif : les engagements doivent être présentés et expliqués à l’ensemble des personnels — organiques, temporaires — et aux sous-traitants. Une politique affichée mais jamais portée ne passe pas l’audit : c’est par ses actes que l’employeur démontre son engagement. La recherche donne raison à cette insistance : la méta-analyse de Christian, Bradley, Wallace et Burke publiée en 2009 dans le Journal of Applied Psychology montre que le climat de sécurité — largement façonné par le management — compte parmi les meilleurs prédicteurs des comportements et des résultats de sécurité (voir l’étude).
Axe 2 — Compétences et qualifications professionnelles
L’axe 2 couvre tout le cycle de la compétence : recrutement, fiches de poste, accueil SSE des nouveaux arrivants, parrainage et tutorat, formations, habilitations. L’employeur doit s’assurer que chaque personne — CDI comme intérimaire — dispose du savoir, du savoir-faire et du savoir-être nécessaires à son poste, et en garder la trace.
Pour les entreprises intervenantes, c’est souvent l’axe le plus documenté à l’audit : accueils sécurité datés et signés, matrices de compétences, suivi des habilitations et des formations réglementaires. Un point de vigilance : les formations à la sécurité doivent être de qualité et traçables ; lorsqu’elles sont financées par les fonds de la formation professionnelle, vos prestataires relèvent de la certification Qualiopi — les exigences du référentiel national qualité donnent de bons repères pour les choisir.
Axe 3 — L’organisation du travail
Le cœur métier du MASE. L’axe 3 vise la maîtrise des risques « par l’anticipation et la mise en œuvre des moyens humains, matériels et techniques adaptés » : analyse des risques des tâches, planification et préparation des interventions, gestion de la sous-traitance, bilan et retour d’expérience de chaque prestation.
C’est ici que se joue la spécificité « entreprises intervenantes » du référentiel : interventions chez le client, co-activité, interfaces avec le plan de prévention du site. L’audit terrain — mené sur chantiers, travaux ou prestations en cours, avec les exécutants — vérifie que la préparation décrite dans vos documents est celle que vivent réellement vos équipes.
Axe 4 — L’efficacité du système de management
Un système peut être complet sur le papier et inefficace en pratique. L’axe 4 impose de l’évaluer à travers l’analyse des situations dangereuses, des presqu’accidents et des accidents, et des audits terrain SSE internes. Fiches de remontée, causeries, analyses de causes : les dispositifs des axes 1 à 3 sont mis à l’épreuve des faits.
Le lien entre ce pilotage par les signaux et la performance de sécurité est solidement documenté : la méta-analyse de Clarke publiée en 2006 dans le Journal of Occupational Health Psychology confirme la relation entre climat de sécurité et performance de sécurité, en soulignant qu’elle se renforce quand l’organisation traite réellement ce qui remonte du terrain (voir l’étude).
Axe 5 — Bilan et amélioration continue
L’axe 5 ferme la boucle : analyser le ou les bilans annuels précédents et les actions engagées, statuer sur le système et décider des améliorations. Le référentiel en fait une démarche permanente, au service de la sécurité des personnels, des conditions de travail et de l’environnement. À l’audit de renouvellement, c’est cet axe qui distingue les systèmes qui progressent de ceux qui se maintiennent — et la cotation y est sensible.
Comment le référentiel est évalué
L’évaluation s’appuie sur un questionnaire de 267 questions, chacune notée selon l’un des trois types de cotation :
- binaire (B) : 0 ou le maximum — le dispositif existe ou non ;
- variable (V) : de 0 au maximum — une mise en œuvre partielle est possible ;
- variable doublée (VD) : de 0 au double du maximum, uniquement lors d’un audit de renouvellement — la maturité rapporte.
Jusqu’à 38 questions peuvent être neutralisées quand elles sont sans objet (entreprise unipersonnelle, absence de sous-traitance ou de travail temporaire, seuils réglementaires non atteints…), sur décision de l’auditeur justifiée devant le comité de pilotage — la neutralisation d’un chapitre complet est interdite. L’objectif de chaque axe sert aussi de filet : au-delà de la note, l’auditeur vérifie que l’entreprise répond aux attendus.
Le référentiel n’est donc pas une liste à cocher : c’est la trame d’un système vivant, jugée sur pièces et sur le terrain, puis débattue devant un comité de pilotage paritaire qui accorde la certification pour un ou trois ans. Pour situer cette évaluation dans l’ensemble du parcours — adhésion, fenêtre de 9 à 18 mois, audit, restitution — reportez-vous à notre guide pour obtenir la certification MASE en 2026.
Passez à l’action
Téléchargez le référentiel 2024, puis évaluez-vous honnêtement axe par axe : c’est le premier geste de toute démarche sérieuse. Pour le cadre complet — statut, étapes, questions fréquentes et ebook offert — rendez-vous sur notre page dédiée à la certification MASE.
Questions fréquentes
+Quelle est la version du référentiel MASE en vigueur ?
La version 2024 du manuel, qui succède à la version 2014. Les deux textes sont disponibles en français et en anglais sur le site du réseau MASE, et le référentiel 2024 est téléchargeable librement. Le dispositif porte officiellement le nom de « système commun MASE/France Chimie ».
+Combien de questions compte le questionnaire d'audit MASE ?
Le questionnaire d'audit compte 267 questions, notées en cotation binaire (oui/non), variable (réponse partielle possible) ou variable doublée — cette dernière étant réservée aux audits de renouvellement. Au maximum 38 questions peuvent être neutralisées lorsqu'elles sont sans objet, sur décision justifiée de l'auditeur, mais jamais un chapitre complet.
+Le référentiel MASE couvre-t-il l'environnement ou seulement la sécurité ?
Les trois dimensions à la fois : sécurité, santé et environnement (SSE). C'est le sens même du sigle — Manuel d'Amélioration Sécurité Santé Environnement des Entreprises. Les cinq axes du référentiel traitent les trois champs de manière intégrée, de la politique de la direction jusqu'au bilan annuel.