Illectronisme au travail : pourquoi certifier vos salariés avec CléA numérique
Un chef d’équipe qui fait remplir ses comptes rendus par un collègue, une aide à domicile qui n’ouvre jamais l’application de planning, un magasinier qui contourne le terminal de saisie : l’illectronisme au travail existe dans la plupart des organisations — et il se cache. Tant que les process restaient sur papier, il était sans conséquence. À mesure que la paie, les plannings, la sécurité et la relation client passent par des outils numériques, il devient un risque opérationnel et social. Le certificat CléA numérique offre aux entreprises une réponse structurée : évaluer, former et certifier les compétences numériques fondamentales de leurs salariés.
Un phénomène massif, largement invisible
Les chiffres publics donnent la mesure du sujet : dans son enquête publiée en 2019, l’INSEE estimait que l’illectronisme concernait 17 % de la population, et que 38 % des usagers d’Internet manquaient d’au moins une compétence numérique de base — recherche d’information, communication, utilisation de logiciels ou résolution de problèmes.
Côté monde du travail, la recherche confirme que les actifs ne sont pas épargnés. L’étude de Hämäläinen, De Wever, Malin et Cincinnato, publiée en 2015 dans Computers & Education à partir des données européennes de l’enquête PIAAC de l’OCDE, conclut que plus de deux tiers des adultes issus de la formation professionnelle ont des compétences faibles ou insuffisantes pour résoudre des problèmes en environnement numérique (voir l’étude). Et les travaux de van Deursen et van Dijk publiés en 2011 dans New Media & Society expliquent pourquoi le phénomène passe inaperçu : les compétences opératoires — cliquer, naviguer, remplir un champ — sont largement répandues et donnent l’illusion de l’aisance, tandis que les compétences informationnelles et stratégiques, celles qui permettent de trouver la bonne information et de s’en servir pour atteindre un objectif, font défaut à une part importante des utilisateurs réguliers (voir l’étude).
Traduction en entreprise : vos salariés « se débrouillent » avec les outils, jusqu’au changement de logiciel, à la dématérialisation d’un process ou à la première tentative d’hameçonnage réussie.
Ce que l’illectronisme coûte réellement à l’entreprise
- Perte de productivité diffuse : tâches numériques évitées, reportées ou refaites par d’autres ; dépendance à quelques « sachants » qui deviennent des goulots d’étranglement.
- Risque de sécurité : la sécurité numérique repose d’abord sur les comportements — mots de passe, pièces jointes, liens frauduleux. Un salarié en fragilité numérique est une porte d’entrée involontaire.
- Échec des projets de transformation : un déploiement d’ERP, de GMAO ou d’application terrain se heurte frontalement aux fragilités non détectées ; l’outil est accusé, le vrai sujet reste invisible.
- Risque social et RH : le salarié en difficulté se met en retrait, refuse les évolutions de poste, parfois jusqu’à l’usure professionnelle. L’employeur a par ailleurs l’obligation de maintenir la capacité de ses salariés à occuper un emploi, au fil des évolutions des métiers — la numérisation en fait partie.
Pourquoi CléA numérique est l’outil adapté
Face à ce constat, la formation bureautique classique traite le symptôme, rarement le fond. Le certificat CléA numérique, porté par Certif’Pro (l’association nationale paritaire des partenaires sociaux) et enregistré au Répertoire spécifique (RS5616), a trois atouts spécifiques pour l’entreprise :
Un référentiel pensé pour le poste de travail. Les quatre compétences certifiées — identifier son environnement et utiliser les outils, acquérir et exploiter l’information, interagir en mode collaboratif, appliquer les règles de sécurité numérique — correspondent exactement aux situations professionnelles quotidiennes, sécurité incluse.
Un parcours qui ne stigmatise pas. Tout commence par une évaluation préalable individuelle, conduite par un organisme habilité, qui cartographie les acquis : pas de note, pas de classement, pas de mise en échec publique. La formation ne porte ensuite que sur les compétences manquantes — un salarié à l’aise sur la collaboration mais fragile sur la sécurité ne suit que ce dont il a besoin. Le déroulé complet est décrit dans notre article CléA numérique : définition et étapes pour l’obtenir.
Une reconnaissance qui dépasse l’entreprise. Le certificat est délivré par un jury paritaire sur un référentiel national : pour le salarié, c’est un acquis transférable et valorisable, éligible au CPF — un argument décisif pour obtenir l’adhésion, là où une énième formation interne serait vécue comme une remise en cause.
Déployer une démarche dans votre entreprise : les étapes
- Objectivez le besoin sans « dépistage » : appuyez-vous sur les signaux faibles (tâches numériques systématiquement déléguées, incidents de sécurité, difficultés lors des déploiements d’outils) plutôt que sur des tests imposés.
- Cadrez le financement en amont : plan de développement des compétences, prise en charge OPCO selon votre branche, ou abondement du CPF des salariés volontaires. Notre article sur le prix et le financement d’un parcours CléA numérique détaille les canaux mobilisables.
- Choisissez un organisme habilité : seuls les organismes habilités par Certif’Pro peuvent conduire les évaluations — et, dès que le parcours est financé par des fonds publics ou mutualisés, le prestataire doit être certifié Qualiopi (Qualiopi est-il obligatoire ?).
- Présentez la démarche comme un investissement collectif : liée à la numérisation des outils de l’entreprise, volontaire, et débouchant sur un certificat reconnu — pas comme un rattrapage réservé aux « faibles ».
- Valorisez les certifiés : entretiens professionnels, mobilité interne, communication interne. Le certificat n’a de l’effet que s’il est vu.
Passez à l’action
L’illectronisme au travail ne se résorbe pas tout seul : il se détecte avec méthode et se traite par un parcours certifiant qui respecte les personnes. Pour évaluer si le dispositif correspond à vos équipes — référentiel, parcours, financement — consultez notre fiche complète sur le certificat CléA numérique, puis identifiez un organisme habilité pour organiser les premières évaluations préalables.
Questions fréquentes
+Comment détecter l'illectronisme dans une équipe sans stigmatiser ?
En évitant tout « test de dépistage » public : proposez une démarche collective et volontaire, présentée comme un accompagnement à la numérisation des outils de l'entreprise. L'évaluation préalable CléA numérique, conduite en entretien individuel par un organisme habilité, cartographie les acquis sans mise en échec ni classement.
+Un salarié peut-il refuser un parcours CléA numérique ?
La certification relève d'une démarche volontaire de la personne. L'employeur peut la proposer et la financer — plan de développement des compétences, abondement CPF — mais l'adhésion du salarié est la condition de réussite du parcours, en particulier pour un public en fragilité numérique.
+Quel est l'intérêt du certificat par rapport à une simple formation bureautique interne ?
La formation interne transmet des gestes ; le certificat atteste des compétences validées par un jury paritaire, sur un référentiel national reconnu et éligible au CPF. Pour le salarié, c'est un acquis transférable au-delà de l'entreprise ; pour l'employeur, c'est une preuve objective que le socle numérique des équipes est sécurisé.