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AIPR — autorisation d'intervention à proximité des réseaux

Obligatoire depuis le 1er janvier 2018 pour les personnels intervenant dans la préparation ou l'exécution de travaux à proximité de réseaux aériens ou enterrés. Le contrôle des compétences est organisé par l'arrêté du 22 décembre 2015, pris dans le cadre de la réforme dite anti-endommagement issue du décret n° 2011-1241 du 5 octobre 2011 (procédure DT-DICT).

Délivré par : L'AIPR elle-même est délivrée par l'employeur. Elle s'appuie sur une attestation de compétences délivrée par un centre d'examen reconnu par le ministère chargé de la sécurité industrielle, sur la base du questionnaire à choix multiples officiel. La liste des centres d'examen et les ressources du dispositif sont publiées sur le guichet unique « Construire sans détruire ».

Public concerné

Conducteurs d'engins et terrassiers, chefs de chantier et conducteurs de travaux, maîtres d'ouvrage, maîtres d'œuvre, bureaux d'études, géomètres et services techniques des collectivités — ainsi que les organismes de formation qui préparent au questionnaire à choix multiples et, pour certains d'entre eux, le font passer en tant que centre d'examen.

Périmètre

Ce que couvre ce dispositif

  • C.1Trois profils définis par l'arrêté du 22 décembre 2015 : le concepteur, qui prépare le projet et les déclarations de travaux ; l'encadrant, qui encadre l'exécution sur le terrain ; l'opérateur, qui conduit un engin ou réalise les travaux. Une attestation de concepteur vaut pour les fonctions d'encadrant et d'opérateur, et une attestation d'encadrant vaut pour la fonction d'opérateur.
  • C.2Une distinction que l'on oublie souvent : l'AIPR est signée par l'employeur, sur la base d'une preuve de compétence. Le centre d'examen ne délivre jamais l'AIPR, il délivre une attestation de compétences. Un formulaire Cerfa (n° 15465) est proposé par l'administration, mais aucun modèle n'est imposé.
  • C.3Un examen sous forme de questionnaire à choix multiples, passé sur une plateforme officielle : 40 questions pour les profils concepteur et encadrant, 30 questions pour le profil opérateur, dans une durée d'une heure. Le barème attribue 2 points par bonne réponse, 0 en l'absence de réponse et retire 1 point par mauvaise réponse.
  • C.4Un seuil de réussite fixé à 60 % du total des points, soit 48 points sur 80 pour les profils concepteur et encadrant, et 36 points sur 60 pour le profil opérateur.
  • C.5Une validité de cinq ans, qu'il s'agisse de l'attestation de compétences obtenue par examen ou des équivalences admises. Au-delà, la preuve de compétence n'est plus valable et l'employeur ne peut plus s'appuyer dessus pour maintenir l'autorisation.
  • C.6Des équivalences à l'examen : un CACES® R482 « engins de chantier » portant la mention indiquant qu'il permet la délivrance d'une AIPR, ou un titre, diplôme ou certificat de qualification professionnelle des secteurs du bâtiment et des travaux publics de moins de cinq ans prenant en compte la réforme anti-endommagement. Le passage du questionnaire n'est donc pas la seule voie.
  • C.7Un statut de centre d'examen ouvert aux organismes de formation, sous conditions : justifier de l'enregistrement de la déclaration d'activité prévue à l'article R. 6351-6 du code du travail — sauf pour les organismes de formation publics et des collectivités —, retourner le formulaire d'engagement prévu par l'arrêté, et disposer d'au moins un formateur titulaire d'une attestation de compétences « concepteur » en cours de validité.
Articulation

Le lien avec Qualiopi

L'AIPR ne dit rien de la qualité pédagogique d'un organisme : c'est une autorisation d'employeur adossée à une preuve de compétence individuelle. Le pont avec Qualiopi se situe à deux endroits. D'abord côté financement : la préparation au questionnaire est une action de formation comme une autre, et son financement par les fonds mutualisés ou publics suppose que l'organisme qui la vend soit certifié Qualiopi. Ensuite côté statut de centre d'examen : la reconnaissance exige l'enregistrement de la déclaration d'activité de formation, c'est-à-dire le même point de départ administratif que Qualiopi. Une entreprise de travaux publics qui prépare ses propres salariés en interne, en revanche, n'a besoin ni de l'un ni de l'autre.

Mode d’emploi

Les démarches, résumées

  1. 1.Recenser les postes concernés et le profil qui leur correspond : concepteur pour la préparation du projet et les déclarations, encadrant pour la conduite du chantier, opérateur pour la conduite d'engin et les travaux. Un même salarié peut changer de profil au fil de sa carrière ; c'est le profil le plus élevé qui couvre les autres.
  2. 2.Vérifier d'abord les équivalences déjà détenues : un CACES® R482 portant la mention adéquate, ou un titre, diplôme ou certificat de qualification professionnelle du bâtiment et des travaux publics de moins de cinq ans, peuvent suffire. C'est autant d'examens à ne pas financer.
  3. 3.Pour les autres, inscrire les salariés à l'examen auprès d'un centre reconnu. La formation préparatoire n'est pas obligatoire : un candidat doit pouvoir s'inscrire au seul examen si son employeur estime qu'il détient déjà les connaissances requises.
  4. 4.Récupérer l'attestation de compétences délivrée après réussite, puis établir et signer l'AIPR pour chaque salarié concerné — le formulaire Cerfa n° 15465 peut servir de support, mais un document propre à l'entreprise est admis.
  5. 5.Tenir les autorisations à disposition sur le chantier et les mettre à jour lors des changements de poste, d'entreprise ou de périmètre d'intervention.
  6. 6.Suivre les échéances : cinq ans après l'examen ou l'obtention de l'équivalence, la preuve de compétence n'est plus valable. Anticiper le repassage plutôt que de le découvrir au moment d'un contrôle.
  7. 7.Pour un organisme de formation qui souhaite aller plus loin : constituer un dossier de centre d'examen — justificatif d'enregistrement de la déclaration d'activité, formulaire d'engagement signé, attestation « concepteur » en cours de validité d'au moins un formateur — et l'adresser au ministère selon les modalités publiées sur le guichet unique. Préparation et examen doivent rester deux prestations distinctes, proposées indépendamment l'une de l'autre.
Questions fréquentes

Questions fréquentes — AIPR

+Qui délivre concrètement l'AIPR ?

L'employeur, et lui seul. Le centre d'examen délivre une attestation de compétences après réussite au questionnaire à choix multiples ; c'est ensuite l'employeur qui établit et signe l'autorisation pour son salarié, en cohérence avec le poste occupé. Un salarié qui change d'entreprise conserve son attestation de compétences, mais son nouvel employeur doit lui délivrer une nouvelle AIPR.

+La formation avant l'examen est-elle obligatoire ?

Non. La réglementation impose une preuve de compétence, pas un parcours de formation. Préparation et examen sont deux prestations distinctes que les organismes doivent pouvoir proposer indépendamment : un candidat peut s'inscrire au seul questionnaire. Dans les faits, une préparation reste conseillée, en particulier pour le profil concepteur, dont le questionnaire porte sur la procédure de déclaration de travaux.

+Un organisme de formation doit-il être certifié Qualiopi pour préparer à l'AIPR ?

Pas pour exercer : rien n'interdit de vendre une préparation sans être certifié. En revanche, dès que la formation est financée par un opérateur de compétences ou par des fonds publics, la certification Qualiopi devient la condition d'accès à ces financements. C'est le cas de la majorité des inscriptions en entreprise. Le statut de centre d'examen suppose par ailleurs de justifier de l'enregistrement de sa déclaration d'activité de formation.

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