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ANDPC : l'Agence nationale du DPC, ses missions et ses deux espaces en ligne

« ANDPC mon compte » est l’une des requêtes les plus tapées du secteur, et l’une des plus ambiguës. Derrière ces trois mots se cachent deux publics, deux portails et deux logiques qui n’ont presque rien en commun : le professionnel de santé qui pilote son parcours triennal, et l’organisme qui veut vendre une offre. Ajoutez le mot « agrément », qui circule partout alors qu’il n’apparaît dans aucun texte, et la confusion est totale.

Reprenons dans l’ordre : ce qu’est l’Agence, et qui se connecte où.

Un groupement d’intérêt public entre l’État et l’Assurance maladie

L’Agence nationale du développement professionnel continu n’est ni une administration centrale, ni une agence sanitaire de type HAS ou ANSM. C’est un groupement d’intérêt public constitué à parité entre l’État et l’Union nationale des caisses d’assurance maladie. Ce montage paritaire explique que le financement du DPC passe par l’assurance maladie et non par les circuits de la formation professionnelle.

Le dispositif actuel a été institué par le décret n° 2016-942 du 8 juillet 2016. L’article L. 4021-6 du code de la santé publique fixe le mandat : l’Agence assure le pilotage du dispositif de DPC pour l’ensemble des professionnels de santé, quels que soient leur statut et leur mode d’exercice, contribue à sa gestion financière et exerce un contrôle. Ses ressources proviennent d’une contribution des régimes obligatoires d’assurance maladie, dont le montant est fixé chaque année par la loi.

Plusieurs instances se partagent le travail : un conseil de gestion, le Haut Conseil du DPC, des comités d’éthique et les commissions scientifiques indépendantes. Ces dernières sont celles que rencontrent les organismes : ce sont elles qui évaluent les dossiers d’enregistrement, profession par profession.

Ce que l’Agence pilote — et ce qu’elle ne fait pas

L’obligation, elle, ne pèse pas sur l’Agence mais sur les professionnels : l’article L. 4021-1 impose à chacun de justifier, sur une période de trois ans, de son engagement dans une démarche de DPC. Deux nuances répondent ensuite à la moitié des malentendus.

L’Agence ne contrôle pas le respect de l’obligation. Ce contrôle relève des instances ordinales, des employeurs et des autorités compétentes selon la profession. L’Agence, elle, contrôle le dispositif : les organismes, les actions, les financements qu’elle verse.

L’Agence ne finance pas tout le monde. Son pilotage couvre tous les professionnels de santé, mais sa prise en charge vise un public défini : les libéraux conventionnés et les salariés exerçant en centre de santé conventionné. Un infirmier salarié d’un hôpital remplit son obligation, mais son financement passe par d’autres canaux. Le conseil de gestion répartit chaque année les enveloppes entre les professions concernées, ce qui explique qu’une même action puisse être prise en charge pour l’une et pas pour l’autre.

Deux espaces en ligne, deux publics

Les deux portails s’atteignent depuis le même site, mais ce sont deux applications distinctes, avec deux jeux d’identifiants.

L’espace du professionnel de santé

C’est le « mon compte » que cherchent la majorité des internautes. Il porte deux fonctions.

D’abord la recherche et l’inscription aux actions : le moteur filtre automatiquement sur la profession et la spécialité du titulaire du compte, ce qui évite de tomber sur des actions inaccessibles. L’inscription en ligne déclenche, pour les professionnels éligibles, la prise en charge par l’Agence.

Ensuite le document de traçabilité, accessible à tous, éligibles ou non. Chacun y retrace les actions suivies et y joint ses attestations de participation. C’est la pièce qui matérialise l’engagement triennal face à l’ordre ou à l’employeur — et la seule raison, pour un professionnel non éligible, d’ouvrir un compte.

Deux points pratiques : la création de compte est strictement personnelle, et les données d’identité proviennent de l’annuaire santé — elles ne sont pas modifiables. Depuis le premier trimestre 2026, l’Agence déploie par ailleurs une authentification forte, avec un code reçu par SMS à chaque connexion.

L’espace de l’organisme de DPC

Rien à voir. Cet espace sécurisé est réservé aux structures et s’ouvre avec le numéro d’enregistrement de l’organisme et un mot de passe. Tout s’y gère :

  • le dépôt de la demande d’enregistrement, sur formulaire dématérialisé, à tout moment de l’année — nous détaillons ce circuit et ses deux délais dans notre article sur la procédure d’enregistrement auprès de l’ANDPC ;
  • le dépôt des actions, soumises à un contrôle de conformité avant publication, chacune devant se rattacher à une orientation prioritaire et s’appuyer sur une méthode reconnue par la Haute Autorité de santé (mode d’emploi) ;
  • la gestion des sessions : dates, places, suivi des inscriptions, clôture ;
  • la facturation des sessions donnant lieu à prise en charge.

Un professionnel de santé qui dirige aussi un organisme aura donc deux comptes distincts. C’est normal.

« Agrément DPC » : un mot qui n’existe pas

La requête est massive, la notion est fausse. Aucun texte ne prévoit d’agrément DPC. La séquence réelle tient en deux temps : d’abord l’enregistrement — tout organisme souhaitant présenter des actions de DPC doit être préalablement enregistré auprès de l’Agence, sur la base des critères fixés par l’arrêté du 14 septembre 2016 —, ensuite l’évaluation par les commissions scientifiques compétentes pour les professions visées, qui rendent une mention favorable ou défavorable après notation de chaque rubrique du dossier (le détail des critères et de la notation).

La différence n’est pas sémantique. Un agrément se délivre, se refuse et se renouvelle à échéance. L’enregistrement, lui, n’a pas de durée fixée par la réglementation : il n’est pas à renouveler périodiquement, mais il peut être retiré si l’organisme cesse de remplir les critères. Le contrôle n’est pas ponctuel, il est continu — ce qui change la façon de tenir ses preuves, notamment sur l’indépendance financière et les liens d’intérêts.

Retrouver un organisme ou une action

L’Agence publie tout, et c’est consultable sans compte.

Pour un organisme : un moteur « Rechercher un organisme », doublé d’une liste complète des ODPC enregistrés, mise à jour régulièrement et téléchargeable en fichier tableur. C’est le moyen le plus sûr de vérifier qu’un prestataire est bien enregistré — et de récupérer son numéro, qui sert ensuite de clé de recherche.

Pour une action : le moteur « Rechercher une action de DPC » référence l’offre publiée. Si vous connaissez déjà la référence de l’action ou le nom de l’organisme, la recherche rapide suffit ; depuis l’espace personnel, les filtres profession et spécialité s’appliquent d’office. Méfiez-vous enfin des liens anciens, qui pointent encore vers le domaine historique de l’organisme gestionnaire du DPC, le prédécesseur.

Ce que dit la recherche sur les méthodes pédagogiques

On comprend mieux l’exigence des commissions quand on regarde ce que produit réellement la formation continue en santé. La synthèse de trente-neuf revues systématiques publiée par Robert M. Cervero et Julie K. Gaines en 2015 dans le Journal of Continuing Education in the Health Professions conclut que la formation médicale continue améliore la performance des médecins et, dans une moindre mesure, les résultats de santé des patients — mais avec un effet nettement plus fort pour les formations mobilisant plusieurs médias et plusieurs techniques pédagogiques, et répétées dans le temps (voir l’étude).

Le constat n’est pas neuf : la revue systématique de David A. Davis et de ses collègues, publiée en 1995 dans le JAMA, montrait déjà que les conférences et les supports écrits isolés changent peu les pratiques, alors que les rappels, les visites de terrain, les leaders d’opinion et les dispositifs multi-facettes obtiennent des effets mesurables.

C’est exactement pourquoi le dispositif impose des méthodes validées par la Haute Autorité de santé et pourquoi les commissions examinent la conception pédagogique autant que le contenu. Un dossier décrivant un contenu irréprochable délivré sous forme d’un exposé de trois heures décrit, à la lumière de ces travaux, un format dont on sait qu’il déplace peu les pratiques.

Et la certification Qualiopi dans tout ça ?

Les deux mondes ne se recouvrent pas. L’enregistrement ODPC relève du code de la santé publique et ouvre l’accès au circuit du DPC. La certification Qualiopi relève du code du travail et conditionne l’accès aux fonds publics ou mutualisés pour les actions de formation professionnelle : OPCO, CPF, État, Régions.

Un organisme qui ne fait que du DPC n’a pas besoin de la seconde. Dès qu’il vend en parallèle de la formation professionnelle financée par ces fonds — un module d’hygiène à une clinique via son OPCO, par exemple —, elle redevient exigée. Beaucoup d’organismes du secteur santé portent donc les deux, chacune pour son marché : voir notre comparatif DPC ou Qualiopi et la fiche certification Qualiopi.

Passez à l’action

Identifiez d’abord de quel côté du guichet vous êtes : suivre une action, c’est l’espace personnel du professionnel ; en vendre une, c’est l’espace organisme, et il suppose un enregistrement préalable. Oubliez le mot « agrément » et raisonnez en deux étapes : enregistrement, puis évaluation par les commissions scientifiques. La fiche complète du dispositif est ici : Enregistrement comme organisme de DPC.

FAQ

Questions fréquentes

+Qu'est-ce que l'Agence nationale du DPC ?

L'Agence nationale du développement professionnel continu est un groupement d'intérêt public constitué à parité entre l'État et l'Union nationale des caisses d'assurance maladie. Le code de la santé publique lui confie le pilotage du dispositif de DPC pour l'ensemble des professionnels de santé, quel que soit leur statut, ainsi qu'un pouvoir de contrôle. Elle contribue par ailleurs à la gestion financière du dispositif pour un public défini.

+« ANDPC mon compte » : de quel espace parle-t-on ?

Il en existe deux, qui ne s'ouvrent pas au même public. Le professionnel de santé dispose d'un espace personnel où il recherche des actions, s'inscrit et alimente son document de traçabilité. L'organisme dispose d'un espace distinct, réservé aux structures enregistrées, où il dépose ses actions, gère ses sessions et suit sa facturation. Un même identifiant ne donne pas accès aux deux.

+Comment obtenir un « agrément DPC » ?

Le terme n'existe pas dans la réglementation : un organisme n'est pas agréé, il est enregistré auprès de l'Agence puis évalué par les commissions scientifiques compétentes pour les professions qu'il vise. La demande se dépose en ligne à tout moment depuis l'espace organisme, sur la base des critères fixés par l'arrêté du 14 septembre 2016.

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